Rechercher dans ce blog

23 février 2015

La peste des peintres (2ème partie)


La  colère de Dieu

Pendant des siècles les populations n’ont pas eu conscience que le mal dont elles souffraient était dû à des causes naturelles. Elles y voyaient, un signe de la colère de Dieu (imagée par les flèches que Dieu décochait sur les hommes). La relation divine avec la peste va s’exprimer au plus haut point et perdurer pendant la deuxième pandémie de peste celle de la peste noire

                  


Première  pandémie  peste Justinienne VI e
Deuxième pandémie  peste noire
XIV e au XVIII e

Troisième pandémie
Peste Mandchourie
XIXe, XXe, XXIe
 

On ne pouvait aller à l’encontre d’une punition divine sans être un impie. On n’avait rien d’autre à faire que de prier. C’est pourquoi au cours des siècles dans l’église catholique trois invocations étaient spécialement dédiées, pour se prémunir de la peste et venir au secours des pestiférés, à : saint Sébastien saint Roch et la Vierge de Miséricorde. En plus de cet aspect de la vision religieuse de la peste il y avait aussi des hommes qui voulaient guérir plus que prévenir en tentant de secourir directement les malades. Monseigneur de Belsunce à Marseille fut l’un de ces hommes. Les articles suivant traiteront successivement de L’intervention divine puis l’intervention humaine en parlant d’un homme qui s’était beaucoup investi lors de la peste de 1720 Marseille.

18 février 2015

Vision humaine de la peste par les peintres. (1ère partie)

Pieter Brueghel l'ancien


L’iconographie picturale de la peste faite à distance de l’épidémie et rapportant ses méfaits, produits chez les hommes, témoigne de la peur qui s’emparait d’eux face à la perspective d’une mort imminente et la vision des morts qui jonchaient les rues, le sol etc. Dans cet article la toile de Pieter Bruegel l’Ancien par son réalisme, rend bien compte des faits.      
La toile de Pieter Bruegel l’ancien (1525 – 1569)  « Triomphe de la mort » vers 1562 (Musée du Prado - Madrid) montre la vision humaine collective d’un fléau que l’on imagine être la peste, même si son nom ne figure pas dans le titre du tableau.


On est typiquement dans un paysage médiéval, aride ravagé par des incendies dont on voit les flammes vives en foyers espacés dans la moitié supérieure de la toile. Notons qu’à cette époque, par le feu on purifiait l’air et on se débarrassait de tout ce qui avait été contaminé, maisons et cadavres. Plus bas des agonisants et des squelettes s’amoncellent sur le sol. Le nombre des morts rendait impossible non seulement toute cérémonie mortuaire mais surtout toute évacuation des corps. Un seul cercueil est visible.
Le Triomphe de la mort vers 1562
 
La mort est incarnée par un squelette à cheval qui sème la terreur et détruit ses victimes muni d’une faux. Nous avons là, l’image de la peste la plus terrible de toutes, la Peste noire qui a sévi en Europe du XIVe au XVIIIe siècle. Cette image d’un squelette et d’une faux était devenue au Moyen âge l’allégorie du fléau à une époque où la peste noire disséminait ses ravages. C’était l'incarnation d'un être terrifiant qui venait happer les vivants d'un coup de lame.
Le peintre décrit une scène de terreur d’où personne ne peut s’enfuir. On voit l’armée de la mort bloquer toutes les issues. Ceux qui tentaient néanmoins de s’enfuir, étaient irrémédiablement arrêtés par une barrière de squelettes. Au fond il ne reste plus que les pendus (ceux jugés comme responsable du fléau) et la cloche qui sonne le glas.