
Le tableau
de la maladie que présentait Renoir, est de nos jours suffisamment précis, pour faire porter le
diagnostic de polyarthrite chronique évolutive d’autant qu’il serait associé à
un marqueur : le facteur Rhumatoïde, une
immunoglobuline témoin d’une maladie auto-immune (hyperactivité du système immunitaire à l'encontre
de substances ou de tissus qui sont normalement présents dans l’organisme). Il ne
pouvait en être ainsi du temps de Renoir.
Quelle était donc la nature des rhumatismes de Renoir.
Parmi les rhumatismes chroniques
inflammatoires deux maladies étaient très anciennement connues : la goutte et l'arthrose. Une troisième maladie était venue compléter le trio la polyarthrite chronique évolutive. Toutes
ont été longtemps confondues sous la dénomination d’arthritisme
La polyarthrite chronique évolutive (PCE) serait d'apparition récente puisqu'on n’en trouve pas de trace dans la littérature avant une thèse de 1800. Les déformations si particulières de la maladie, notamment au niveau des mains n'ont pas été retrouvées sur les squelettes anciens. Elles ne figurent pas non plus sur des tableaux de peintres avant le XVIIe. Ce diagnostic est en effet probable dans « Les trois grâces » de Rubens, les mains de la femme de gauche montrant les déformations caractéristiques.
La
connaissance de l’arthrose était acquise cliniquement bien avant qu’elle
ne soit authentifiée par la radiologie et le diagnostic de la maladie était
possible, au moment où Renoir développait ses rhumatismes.
L’acte de naissance de la PCE date de
1800 avec la thèse d'Auguste Landré-Beauvais " Sur la goutte asthénique
primitive." La première bonne description se trouve également dans une
autre thèse, celle de Charcot (1853). Il y décrit les déformations des mains
crées par "le rhumatisme articulaire
progressif". Dans cette thèse il séparait nettement la PCE de
la goutte, mais la différenciait assez mal de l'arthrose. Dans "Traetise
on gout and rhumatic gout", Alfred Baring Garrod (1859) donnait une
description de la PCE qu’il baptisait arthrite
rhumatoïde bien distincte de la goutte. Il fallait attendre les
études anatomopathologiques de Nicols et Richardson (1907) pour que la
polyarthrite chronique évolutive soit clairement séparée de l’arthrose.
Il est clair que comme l’écrivait
Jean Renoir, ces rhumatismes chroniques inflammatoires et déformants
étaient un mystère. Un mystère d’autant plus réel que souvent on donnait à la
PCE des dénominations qui pouvaient égarer le
diagnostic. Goutte asthénique primitive de Landré, Rhumatic
gout de Garrod. Georges Huisman attribue les mains déformées de
Renoir à la Goutte :
«
En 1902 sa santé décline
progressivement. Pour finir ses mains seront déformées par la Goutte. »
Il est vrai que devant la réaliste et brillante
description de la goutte que présentait le personnage Chanteau dans le roman
« Joie de vivre » de Zola
(Rougon-macquart) on est confondu par la ressemblance des deux hommes (Renoir
et Chanteau) : mains déformées, malades figés dans un fauteuil. Cependant
contre le diagnostic de goutte chez Renoir on note d’une part qu’il n’avait
jamais présenté les crises aigües douloureuses nocturnes au niveau du gros
orteil signe pathognomonique de la maladie goutteuse et que d’autre part les mains n’étaient pas déformées
par les tophus de la goutte. L’arthrose était assez facile à différencier, même
avant l’argument radiologique pour ne pas être retenue dans le cas de Renoir d’autant que dès
le début du XXe siècle les deux maladies PCE et arthrose pouvaient être catégoriquement
différenciées par les études anatomopathologiques. On peut donc par élimination
ne garder que le diagnostic de polyarthrite chronique évolutive.
L’incidence
de la maladie dans la pratique de son art.
Chez Renoir peinture rythme avec maladie. Il a du mal à travailler car il souffre et du mal à réaliser nombre
de commandes de tableaux qu’on lui demande, le portrait de Madame Robert de
Bonnières entre autre. Et l’on comprend ses difficultés.
* Nous
sommes en 1912-1913, Gabrielle (parente
de Madame Renoir, modèle privilégié de l’artiste) est toujours là près du
peintre pour l’aider :
« Mais
comment peut-il peindre ? Demandons-nous à cette femme. Je lui place les
pinceaux entre les doigts et les retiens avec les cordons, les rubans que vous
avez vus. Parfois ils tombent je les lui remets, mais ce qu'il y a de plus
surprenant en M Renoir ce sont ses yeux de lynx. Parfois il me dit d'enlever,
là, sur la toile un poil de brosse qui s'est collé. Je cherche je ne trouve pas
et c'est monsieur qui me le montre, minuscule, caché dans un empâtement. »
* Nous sommes en 1917, deux ans avant
sa mort. Jean Renoir se souvient :
« Alors qu’il ne peut plus
marcher et que son état général s’altère de plus en plus, il est à Cagnes sur
mer dans le domaine des Collettes qu’il vient d’acheter. A ce moment là il ne
pouvait absolument plus marcher. Quand il fut dans un état d'extrême faiblesse
- ce fut l'état de ses dernières années - et voulant peindre jusqu'à son
dernier souffle il se fit construire un atelier en verre duquel il pouvait voir
son "modèle" nu dans le jardin. Il fut un magnifique exemple humain
de courage. »
* Nous sommes en 1918. La littérature est
abondante concernant sa volonté de peindre qui ne diminue pas :
« Et
c'est dans cet état physique qui serait
pour tous les autres hommes, un enfer, que Renoir va peindre ses plus
magnifiques œuvres, dépassant ses œuvres de jeunesse et de maturité. »
« Renoir obéit à un système de travail
si acharné qu'il a déjà à 60 ans, les signes de la vieillesse : son visage
était ravagé, creux, plissé, les poils de sa barbe clairsemés et deux petits
yeux clignotants brillaient humides, doux et bons sous des sourcils
broussailleux… »
*
Nous sommes en 1919, l’année de sa mort, il va au plus mal et pourtant
seul le travail peut le soulager :
«
En septembre 1919, Renoir n'est plus qu'un squelette, vivant tourmenté par la
douleur, un paquet d'os et de peau que rien ne peut apaiser que la peinture. »
Cet homme ne s’arrêtera jamais. Alors qu’il ne peut
plus marcher et que son état général s’altère de plus en plus, alors que ses
mains sont déformées et atrocement mutilées, alors qu’il est invalide à cent p.
cent, il va réaliser une toile qui sera le sommet de son art. Pour cela
il fait construire un chevalet mobile spécialement conçu pour rouler sur un
cylindre. Travaillant assis, des jours durant, il va peindre « Les Baigneuses »1918-1919, une
toile dont il était fier. Il s’en était entretenu avec le peintre Henri Matisse
en lui disant qu’elle était le sommet et la synthèse de son art.
Connaissant l’attachement de leur père à cette toile, ses enfants en feront don
à l’Etat.
Les Baigneuses 1918-1919

" Sous
ce soleil on a envie de voir des Vénus de marbre ou de bronze mélangées aux
feuillages."
Une fois de plus pendant l’hiver de 1919 il va prendre froid :
« Mais
il avait peut être pris froid dans son jardin de Cagnes. Il eut une congestion
pulmonaire au cours de laquelle il lui arriva de faire allusion, mais sans
geindre à sa fin probable "je suis foutu" disait-il. Toutefois ce
n'est pas expressément de sa congestion dont il est mort. Il eut un arrêt du
cœur (il aurait toujours eut cet organe
très délicat) de sorte qu'il échappa aux douleurs de l'étouffement, classiques
dans la congestion mortelle. »
Le 2 décembre 1919 alors qu’il venait
de terminer une Nature morte avec des pommes, il fermait les yeux pour
toujours. Mais avant de mourir, les deux médecins près de son lit ayant parlé de chasse et de bécasse, le peintre de
courage, demandait une dernière fois qu’on lui apporte ses pinceaux.
allez tous voir le film qui vient de sortir avec Michel Bouquet. Ce film vous fait entrer dans les toiles de Renoir, les couleurs, la luminosité, les jeux de lumière, l'ambiance,...un régal!
RépondreSupprimerJe viens d'aller voir ce film et je suis tout à fait d'accord avec ce commentaire. Il faut absolument voir ce film dont le metteur en scène à réussi à mettre en évidence un jeu de lumière extraordinaire dans toutes ses séquences. Michel Bouquet est divin dans ce rôle.
RépondreSupprimerVoir et surtout revoir avec un œil à chaque fois plus attentif
RépondreSupprimerJe suis tout à fait en accord avec les commentaires! Je suis allée le voir deux fois au cinéma puis ai acheté le DVD !! Quand le temps est gris où mon moral trop bas , je regarde ce film pendant des heures et je vais mieux !! Génie de Renoir ; du metteur en scène et bien sur du comédien Michel Bouquet qui pour moi a toujours été une pointure!!! J'ai envie de dire :Merci pour tant de beautés et de talents réunis! MERCI
RépondreSupprimer13 Mars 2015
RépondreSupprimerje viens de voir ce très beau film à la télé.Lumineux ,tonique,un hymne à la vie;la beauté rend heureuxM.ERCI
oui un beau film qui m'a permis d'arriver jusqu'à ces informations pointues sur le mal dont a souffert le grand Renoir :miracle des technologies modernes!!!
RépondreSupprimermerci à ces grands hommes de nous avoir laissé ces merveilles
... et ces grandes leçons de ténacité,aussi...
quand tout va de travers, allons à la rencontre de leur histoire, ils vont nous aider, sur notre toile ou dans nos autres activités... ils vont nous accompagner!
PCE sur un doigt statue David de Michel Ange
RépondreSupprimerPCE sur un doigt statue David de Michel Ange
RépondreSupprimerPauvre homme comme il a dû souffrir et pourtant c'était un artiste.
RépondreSupprimerUn artiste extraordinaire
RépondreSupprimerBeau film,belle lumière les acteurs sont extraordinaires,j'ai aussi de l'arthrose aux mains,comme il a du souffrir!! Merci pour toutes ces merveilles monsieur Renoir.
RépondreSupprimerMartine
je viens de voir ce film avec Michel Bouquet très réaliste, hier soir pour tout vous dire....j'ai voulu en savoir plus sur la maladie de Renoir et je suis tombée sur votre blog ou j'ai eu toutes les réponses a mes questions. Merci beaucoup.
RépondreSupprimerTrès beau film, une lumière extraordinaire!
RépondreSupprimerNous sommes transportés dans le film..
Merci pour ce chef d’œuvre
Film très impressionnant qui vous saisi dans votre fort intérieur par la justesse de ses sentiments.
RépondreSupprimerComme il a été rendu beaucoup hommage par mes prédécesseurs au metteur en scène et à Michel Bouquet, je voudrais aussi remercier d'abord la caméra qui – dès le début a su nous transporter dans le monde d'Auguste Renoir – avec la silhouette orange qui se faufile entre la végétation méditerranéenne! Au cours du film j'ai été le plus bouche bée devant la scène au bord du ruisseau, où on a l'impression de voir avec les yeux de Renoir... La aussi, (a part de l’effet astucieusement élaboré du 'flou'), formidable jeu de végétation, mise en cadre, mouvements de caméra et lumière(s)...
Mais sans le son (le vent, dans les herbes ou feuilles, le bruit de l'eau sur les mains de Renoir...) et même la musique, le film ne serrai pas le chef d’œuvre qui nous transporte dans un monde, vous fait immerger et vous ne quitte plus!
Merci aussi à l'acteur de Jean Renoir qui est un bon partenaire – tout à fait à la hauteur du jeu de 'son père'!
Le film "" Renoir "" à passer à la télévision février 2020
RépondreSupprimerchoisir le type de chirurgie est une décision très difficile. Au début, j'étais catégorique sur le fait de sauver ma poitrine. Je ne voulais pas de mastectomie, encore moins dire ce mot horrible. Parce que j'avais un cancer depuis 3 ans et que le cancer était invasif, mon médecin m'a recommandé une mastectomie. cependant, comme la taille de la tumeur a diminué après la chimiothérapie, mon médecin m'a permis de choisir une tumorectomie. deux choses m'ont aidée dans ma décision de subir une mastectomie. 1 - J'étais tellement malade à cause de la chimiothérapie que je ne voulais pas courir le risque d'avoir à nouveau un cancer. 2 - J'ai rencontré plusieurs survivantes du cancer du sein qui avaient reçu un traitement à base de plantes dr itua qui a lavé toutes leurs tumeurs, puis le cancer n'est pas revenu. En raison de mon âge et de mon désir d'avoir plus d'enfants, j'ai décidé de réduire mes risques de récidive en choisissant une mastectomie. Je vais donc essayer le traitement à base de plantes dr itua que je subis pendant des semaines et aujourd'hui, j'ai un 4e enfant comme je l'ai toujours souhaité. Je suis très content de ma décision d'aujourd'hui. peu importe le type de cancer et le stade du cancer, il est préférable de discuter avec le dr itua oh oui, vous pouvez lui envoyer un courrier électronique à drituaherbalcenter@gmail.com, il guérit également la maladie suivante parkinson, als, ms, diabetes, lupus, hpv, l'herpès, les boutons de fièvre, le vih/sida, les crampes menstruelles, les médicaments de grossesse et d'autres maladies mortelles, tous sans effet secondaire.
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