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11 novembre 2012

L’absinthe vue par les peintres (2ème partie) : Les peintres de l’absinthisme


Les peintres de l’absinthisme
          De nombreux peintres ont su saisir l’expression du visage et le comportement des buveurs chroniques d’absinthe une boisson fortement alcoolisée. Leurs toiles donnent des images on ne peut plus parlantes sur ce qu’était censé représenter l’absinthisme.
Nous découvrons ainsi des absinthiques dont :
Les traits du visage sont ceux d’un alcoolisme chronique au sein duquel quelques nuances peuvent témoigner semble-t-il de la consommation d’absinthe. Dans la toile de Gustave Bourgain. Le regard fixe, la cravate défaite, des mains croisées qui dissimulent les tremblements, sont autant de signes attirant l’attention sur les habitudes alcooliques du sujet. Mais le front pâle de cet alcoolique est plus à mettre sur le compte de l’absinthe (effet vasoconstricteur) que sur celui de l’alcoolisme qui génère habituellement une érythrose.
                                         Le Buveur d’absinthe 1881, Gustave Bourgain
L’attitude du corps est figée, aucun mouvement n’est perceptible. Dans cette toile, non seulement il s’agit d’un déshérité, mais aussi de la misère de l’homme, celle de l’homme alcoolique.   Son regard est fixe et absent, la pensée lointaine, assis de travers sur une chaise, immobile appuyé sur la table, le coude contre le verre d’absinthe ; de sa main il serre le genou gauche plus qu’il ne le tient comme s’il en souffrait, à moins que ce ne soit pour conserver son équilibre.
Le Buveur d’absinthe 1885, J.F. Raffaëlli
L’isolement  corporel et cérébral  apparait ici très intense, le regard est lointain, l’esprit absent. Le faciès, le hâle de la peau, le délabrement des seuls habits sont typiquement ceux de l’alcoolique invétéré. Ici encore on note une pâleur qui apparait d’autant plus intense sur le front qu’il existe une importante érythrose sous jacente.
                                                           Le Buveur d’absinthe – Daniel Ihly, 1902


La mort parait imminente souvent annoncée par des crises d’agitations psychomotrices assimilables au délirium tremens bien connu lors du sevrage alcoolique et lors des crises aigües alcooliques.
Buveuse d’absinthe    vers  1903  Kees van Dongen 
 
Face à de telles représentations du « Buveur d’absinthe » les autorités médicales et politiques détenaient suffisamment d’arguments pour proposer l'interdiction de la production et de la consommation de l’absinthe. Mais les choses se sont avérées assez laborieuses car d’une part la production de l’absinthe faisait travailler des milliers de gens et d’autre part l’absinthe rapportait au Trésor Public 45 millions de Francs Or sous forme d’impôts et de taxes diverses. Il aura fallu attendre la fin de la guerre de 14 et la déclaration d’un commandant insistant sur une perte d’hommes plus importante du fait de l’absinthe que par fait de guerre, pour que les autorités se décident à céer la Loi de la prohibition de l’absinthe.


 
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