Avertissement
Ce premier article (il y en aura trois) se penche sur le « Suicide » de Vincent van Gogh, un acte qui consiste délibérément à se donner la mort, ce qui ne semble pas avoir été son cas.
Le deuxième article cherchera à faire oublier la notion de « la
folie de van Gogh » tout en ressuscitant et affirmant le diagnostic de
« l’épilepsie » suspectée par les médecins traitants d’Arles
et de Saint Rémy de Provence.
Le troisième et dernier article sera celui d’un rapprochement entre la maladie de Vincent van Gogh et le suicide dont l’existence généralement admise nécessite des précisions : « suicide secondaire » à la maladie neurologique (épilepsie) associée à une grave mélancolie ou " suicide fataliste".
Article 1
Pourquoi ?
Comment ? Vincent van Gogh s’est-il
suicidé ?
Comment s’est-il
suicidé ?
Le 25 mai 189O Vincent quitte l’Auberge Arthur Ravoux d’Auvers sur Oise comme il le fait pratiquement tous les jours, muni de son attirail de peinture et se rend dans la campagne environnante derrière le château d’Auvers sur Oise à quelques mètres de l’auberge. A ce moment-là, seul Vincent sait s’il allait se suicider. Il peint ce que l’on a cru être pendant longtemps son dernier tableau « le champ de blé aux corbeaux – juillet 1890, le ciel est sombre, menaçant, envahi de corbeaux noirs. Devant lui, trois chemins conduisant à la vie, à la mort ou à une impasse. Lequel va-t-il prendre: celui de la vie, celui de la mort ou celui de l’attente. Avant de quitter l’auberge « il aurait » emprunté un revolver au gérant*. Ce jour-là, donc, pour une raison qui nous échappe, il dirige l’arme sur sa poitrine et tire. Blessé il rejoint l’auberge où le propriétaire s’étonne d’un retour si précoce. Ses gémissements attirent son attention et prévient le docteur Gachet, lequel, à part un bandage sommaire, ne peut faire grand-chose. La balle qui a pénétré le thorax à proximité du mamelon gauche n’a pas atteint le cœur et se serait dirigée vers l’abdomen (selon le Dr Gachet premier témoin après l’aubergiste). Vincent Van Gogh meurt deux jours plus tard, à l'âge de 37 ans avec à son chevet son frère Théo et le docteur Gachet, La mort serait secondaire à une hémorragie interne (probable) plus compatible avec une blessure abdominale que cardiaque compte tenu d’un temps trop long entre la blessure et la mort.
* A ce sujet il est par ailleurs écrit qu'il avait acheté le révolver chez l'armurier Mr Leboeuf .
Pourquoi s’est-il suicidé ?
Durant toute sa vie
van Gogh a eu à faire face à des évènements qui ont progressivement fragilisé sa santé mentale. Très jeune il a appris l’existence d’un
frère né jour pour jour un an avant lui et se nommant également Vincent, mort
prématurément, et dont il voit le nom sur la tombe devant laquelle il passe
tous les jours en se rendant à son école. Lors
de sa scolarisation par deux fois il a été renvoyé en raison de troubles
caractériels incompatibles avec son maintien dans une classe. Dans ses antécédents, on note la notion
de traumatisme crânien (chute d’un arbre).
Arrivé à l’âge adulte il connaîtra de nombreuses déceptions
amoureuses. Plusieurs échecs notamment un échec lors de l’évangélisation dans
le milieu pauvre du Borinage en Belgique, comme Pasteur à l’image de son père
où son comportement (se montrant plus pauvre que les pauvres) a conduit à son
renvoi. Par ailleurs, comme pour la plupart des peintres du XIXe sa vie a été
périlleuse en raison d’un manque d’argent. Sa santé mentale fut encore affecté
par :
L’échec de la création d’un « Atelier du Midi »
conséquence de l’incompatibilité des deux acteurs lui et Paul Gauguin.
Et surtout la nouvelle brutale, annoncée par son frère
Théo, son mariage et dans un
avenir proche une paternité. Vincent est
alors conscient que l’argent que lui donnait jusqu’ici son frère Théo pour
vivre allait devenir la propriété du futur neveu. Les ennuis financiers pérennes
allaient donc s’aggraver.
Lors d’un voyage à Paris chez son frère
où il se rendait pour mieux faire connaissance de sa belle-sœur, on ne sait
trop pourquoi (semble-t-il un différend avec Théo à propos d’encadrements),
Vincent brutalement claque la porte et rejoint Auvers sur Oise.
Et pour clore cette
longue liste concernant sa fragilisation psychique Vincent van Gogh avait une consommation exagérée d’absinthe (épileptogène), qui ne
pouvait qu’aggraver son comportement mental.
Au total une accumulation de facteurs et un avenir assombri
avaient probablement poussé Vincent à un suicide fataliste (et non délibéré) tel
qu’on peut le voir chez des sujets face
à un avenir fermé ou d’une passion qu’ils ne pourront poursuivre pour des
raisons personnelles ou conjoncturelles. C’était le cas de Vincent
van Gogh.
S’est-il
suicidé ?
Si
la mort de Vincent est certaine les circonstances qui y ont conduit ne
le sont pas.
l’hypothèse
officielle, est celle du suicide
validée par l’état de santé mentale de Vincent révélé par des crises, dites
initialement psychotiques, survenues lors de la période d’Arles et qui avaient
nécessité un séjour dans l’hôpital
psychiatrique de Saint Paul de Mausole à Saint Rémy de Provence. Cependant
la version officielle n’a pas tenu compte d’une remarque concernant le trajet
de la balle oblique en direction de l’abdomen alors que ce trajet aurait
dû être horizontal pour un tir de revolver à bout portant et supposé atteindre
le cœur.
A
la version officielle s’ajoutent deux
autres hypothèses : un accident, ou une automutilation.
L’accident
En 2011 une nouvelle hypothèse sur les
circonstances de la mort de Vincent van Gogh est apportée par deux journalistes
américains Steven Naifeh et Gregory White
Smith dans un ouvrage biographique sur van Gogh. Le peintre aurait été
victime d’une balle tirée par les
frères Gaston et René Secrétan deux
adolescents que Vincent fréquentait à Auvers sur Oise alors qu’ils jouaient à
un jeu de cowboy. Par ailleurs il ressort d’une enquête et des recherches faites sur place à
Auvers sur Oise par John Rewald en 1930 que Vincent avait
été le soufre douleurs de ces deux garçons : (serpent mis dans sa boîte de
peinture, sel dans son café, piment sur les pinceaux). De plus et selon la
déclaration d’Adeline Ravoux, la
fille du propriétaire de l’auberge, qui avait assisté aux derniers instants de
la vie de Vincent, en réponse à la question des policiers « Vous êtes-vous suicidé » Vincent
aurait répondu « Je le crois, n’accusez
personne d’autre » sous entendant par-là que quelqu’un d’autre pouvait
être responsable et qu’il voulait le ou les protéger. Ajoutons que René
Secrétan n’a jamais reconnu les faits.
L’automutilation
Un journaliste Pierre Cabanne dans un ouvrage intitulé « Qui a tué van Gogh » attribue le geste de Vincent à une automutilation soutenu dans cette
hypothèse par des antécédents
En
1881 van Gogh est à Etten. Il fait
la connaissance de Kee Vos, fille du pasteur
Stricker, veuve et mère d’un enfant. Il tombe rapidement amoureux mais la
jeune femme l’éconduit. Retournée à Amsterdam elle est harcelée par les
lettres de Vincent qui part la rejoindre. Devant le refus de son père de lui laisser voir
Kee, Vincent voulant prouver la
force de ses sentiments maintien sa main
au-dessus de la flamme d’une lampe à pétrole. Sans résultat. Sans connaitre
l’importance de la brulure, il faut bien admettre qu’il y a eu une tentative automutilation.
Le
24 décembre 1889, après une violente
discussion (Gauguin venait de lui annoncer son départ) van Gogh jette à la tête
de Gauguin son verre d’absinthe. Le
lendemain il ne se souviendra plus de rien (amnésie) mais Gauguin rentre à Paris. Le lendemain, Vincent se tranche le lobe de l’oreille droite
et l’apporte pour la petite histoire à Rachel pensionnaire d’une maison de
tolérance. Le Forum Républicain rapportera l’incident comme
un fait divers n’étant pas au courant de la personnalité des deux
protagonistes. L’automutilation est cette fois évidente puisque visible et
ayant nécessité son transport à l’Hôpital.
En considérant ces deux actes, on peut considérer le tir d’une balle dans la poitrine comme une automutilation.
Le
prochain article justifiera que l’on se soit attardé sur ce comportement car une possible automutilation est décrite dans la maladie clairement identifiée chez van Gogh.
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