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25 mai 2024

Le Suicide de Vincent van Gogh

 Avertissement

             


                    Ce premier article (il y en aura trois)  se penche sur le « Suicide » de Vincent van Gogh, un acte qui consiste délibérément à se donner la mort, ce qui ne semble  pas avoir été son cas.

Le deuxième article cherchera à faire oublier la notion de  « la folie de van Gogh » tout en ressuscitant et affirmant le diagnostic de « l’épilepsie »  suspectée par les médecins traitants d’Arles et de Saint Rémy de Provence.

Le troisième et dernier article sera celui  d’un rapprochement entre la maladie de Vincent van Gogh et  le suicide dont l’existence généralement admise nécessite des précisions : « suicide secondaire » à la maladie neurologique (épilepsie) associée à une grave mélancolie ou " suicide fataliste".

     Article 1

Pourquoi ? Comment ? Vincent van Gogh s’est-il suicidé ?

Comment s’est-il suicidé ?

Le 25 mai 189O Vincent quitte l’Auberge Arthur Ravoux d’Auvers sur Oise comme il le fait pratiquement tous les jours, muni de son attirail de peinture et se rend dans la campagne environnante derrière le château d’Auvers sur Oise à quelques mètres de l’auberge. A ce moment-là, seul Vincent sait s’il allait se suicider.  Il peint ce que l’on a cru être pendant longtemps son dernier tableau « le champ de blé aux corbeaux – juillet 1890, le ciel est sombre, menaçant, envahi de corbeaux noirs. Devant lui, trois chemins conduisant à la vie, à la mort ou à une impasse. Lequel va-t-il prendre: celui de la vie, celui de la mort ou celui de l’attente. Avant de quitter l’auberge « il aurait » emprunté un revolver au gérant*. Ce jour-là, donc, pour une raison qui nous échappe, il dirige l’arme sur sa poitrine et tire.  Blessé il rejoint l’auberge où le propriétaire s’étonne d’un retour si précoce. Ses gémissements attirent son attention et prévient le docteur Gachet, lequel, à part un bandage sommaire, ne peut faire grand-chose. La balle qui  a pénétré le thorax à proximité du mamelon gauche n’a pas atteint le cœur et se serait dirigée vers l’abdomen (selon le Dr Gachet premier témoin après l’aubergiste). Vincent Van Gogh meurt deux jours plus tard, à l'âge de 37 ans avec à son chevet son frère Théo et le docteur Gachet, La mort serait secondaire à une hémorragie interne (probable) plus compatible avec une blessure abdominale que cardiaque compte tenu d’un temps trop long entre la blessure et la mort.

* A ce sujet il est par ailleurs écrit qu'il avait acheté le révolver chez l'armurier Mr Leboeuf .

 Pourquoi s’est-il suicidé ?

Durant toute sa vie van Gogh a eu à faire face à des évènements qui ont progressivement fragilisé sa santé mentale. Très jeune il a appris l’existence d’un frère né jour pour jour un an avant lui et se nommant également Vincent, mort prématurément, et dont il voit le nom sur la tombe devant laquelle il passe tous les jours en se rendant à son école. Lors de sa scolarisation par deux fois il a été renvoyé en raison de troubles caractériels incompatibles avec son maintien dans une classe. Dans ses antécédents, on note la notion de traumatisme crânien (chute d’un arbre).

Arrivé à l’âge adulte il connaîtra de nombreuses déceptions amoureuses. Plusieurs échecs notamment un échec lors de l’évangélisation dans le milieu pauvre du Borinage en Belgique, comme Pasteur à l’image de son père où son comportement (se montrant plus pauvre que les pauvres) a conduit à son renvoi. Par ailleurs, comme pour la plupart des peintres du XIXe sa vie a été périlleuse en raison d’un manque d’argent. Sa santé mentale fut encore affecté par :

L’échec de la création d’un « Atelier du Midi » conséquence de l’incompatibilité des deux acteurs lui et Paul Gauguin.

Et surtout la nouvelle brutale, annoncée par son frère Théo,  son mariage  et dans un avenir proche une paternité.  Vincent est alors conscient que l’argent que lui donnait jusqu’ici son frère Théo pour vivre allait devenir la propriété du futur neveu. Les ennuis financiers pérennes allaient donc s’aggraver.

         Lors d’un voyage à Paris chez son frère où il se rendait pour mieux faire connaissance de sa belle-sœur, on ne sait trop pourquoi (semble-t-il un différend avec Théo à propos d’encadrements), Vincent brutalement claque la porte et rejoint Auvers sur Oise.

         Et pour clore cette longue liste  concernant sa fragilisation psychique Vincent van Gogh avait une  consommation exagérée d’absinthe (épileptogène), qui ne pouvait qu’aggraver son comportement mental.

Au total une accumulation de facteurs et un avenir assombri avaient probablement poussé Vincent à un suicide fataliste (et non délibéré) tel qu’on peut le voir chez des sujets  face à un avenir fermé ou d’une passion qu’ils ne pourront poursuivre pour des raisons personnelles ou conjoncturelles. C’était le cas  de Vincent van Gogh.

S’est-il suicidé ?

Si la mort de Vincent est certaine les circonstances qui y ont conduit ne le sont pas.

         l’hypothèse officielle, est celle du suicide validée par l’état de santé mentale de Vincent révélé par des crises, dites initialement psychotiques, survenues lors de la période d’Arles et qui avaient nécessité un séjour dans l’hôpital psychiatrique de Saint Paul de Mausole à Saint Rémy de Provence. Cependant la version officielle n’a pas tenu compte d’une remarque concernant le trajet de la balle oblique en direction de l’abdomen alors que ce trajet aurait dû être horizontal pour un tir de revolver à bout portant et supposé atteindre le cœur.

         A la version officielle s’ajoutent deux autres hypothèses : un accident, ou une automutilation.

L’accident

         En 2011 une nouvelle hypothèse sur les circonstances de la mort de Vincent van Gogh est apportée par deux journalistes américains Steven Naifeh et Gregory White Smith dans un ouvrage biographique sur van Gogh. Le peintre aurait été victime d’une balle tirée par les frères Gaston et René Secrétan deux adolescents que Vincent fréquentait à Auvers sur Oise alors qu’ils jouaient à un jeu de cowboy. Par ailleurs il ressort d’une enquête et des recherches faites sur place à Auvers sur Oise par John Rewald en 1930 que Vincent avait été le soufre douleurs de ces deux garçons : (serpent mis dans sa boîte de peinture, sel dans son café, piment sur les pinceaux). De plus et selon la déclaration d’Adeline Ravoux, la fille du propriétaire de l’auberge, qui avait assisté aux derniers instants de la vie de Vincent, en réponse à la question des policiers « Vous êtes-vous suicidé » Vincent aurait répondu « Je le crois, n’accusez personne d’autre » sous entendant par-là que quelqu’un d’autre pouvait être responsable et qu’il voulait le ou les protéger. Ajoutons que René Secrétan n’a jamais reconnu les faits.

 L’automutilation

         Un journaliste Pierre Cabanne dans un ouvrage intitulé « Qui a tué van Gogh » attribue le geste de Vincent à une automutilation soutenu dans cette hypothèse par des antécédents

En 1881 van Gogh est à Etten. Il fait la connaissance de Kee Vos, fille du pasteur Stricker, veuve et mère d’un enfant. Il tombe rapidement amoureux mais la jeune femme l’éconduit. Retournée à Amsterdam elle est harcelée par les lettres de Vincent qui part la rejoindre. Devant le refus de  son père de lui laisser voir Kee, Vincent voulant  prouver la force de ses sentiments  maintien sa main au-dessus de la flamme d’une lampe à pétrole. Sans résultat. Sans connaitre l’importance de la brulure, il faut bien admettre qu’il y a eu une tentative  automutilation.

Le 24 décembre 1889, après une violente discussion (Gauguin venait de lui annoncer son départ) van Gogh jette à la tête de Gauguin  son verre d’absinthe. Le lendemain il ne se souviendra plus de rien (amnésie) mais Gauguin rentre à Paris. Le lendemain,  Vincent se tranche le lobe de l’oreille droite et l’apporte pour la petite histoire à Rachel pensionnaire d’une maison de tolérance. Le Forum Républicain rapportera l’incident comme un fait divers n’étant pas au courant de la personnalité des deux protagonistes. L’automutilation est cette fois évidente puisque visible et ayant nécessité son transport à l’Hôpital.

En considérant ces deux actes, on peut considérer le tir d’une balle dans la poitrine comme une automutilation

Le prochain article justifiera que l’on se soit attardé sur ce comportement car une possible automutilation est décrite dans la maladie clairement identifiée chez van Gogh.             

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