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9 août 2012

Savoir contourner son handicap visuel: Monet


Dans le cadre de l’étude de la cataracte de Claude Monet la comparaison entre les deux toiles des "Nymphéas" ci-dessous, est intéressante car elle stigmatise les moyens utilisés par le peintre pour contourner son handicap visuel.

                                    
                   tableau n°1 - 1903                                     tableau n°2 - 1922   
                
En effet, la comparaison des deux toiles peintes  par Monet l’une sans cataracte (tableau n°1 - 1903) et l’autre avec cataracte (tableau n°2 - 1922) sont tout à fait semblables pour ce qui concerne les couleurs de la toile. Or l’opacification du cristallin, trouble majeur de la cataracte, perturbe la vision des couleurs de telle sorte que les couleurs d‘ondes courtes de moins de 500nm appelées couleurs froides (violet, bleu) ne sont pas perçues par le malade et ne devraient en conséquence pas être reproduites. On ne devrait donc pas voir de telles couleurs froides dans les Nymphéas de 1922.

C’est là qu’intervient le contournement par Monet de son handicap visuel. Monet peignait les grandes toiles en se basant sur les gestes habituels et des milliers de fois répétés dans la peinture des Nymphéas. Il nous livre lui-même son secret :
« Si j’ai retrouvé le sens des couleurs dans les grandes toiles … c’est que j’ai adapté mon procédé de travail à ma vue, et que la plupart du temps, j’ai posé le ton au hasard, me fiant uniquement d’une part aux étiquettes de mes tubes, de l’autre à l’ordre invariable que j’avais adopté pour ma palette. »

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